L’infertilité du couple est-elle liée aux modes de vie et l'environnement ?
Date de parution: 03/01/2012
L’infertilité du couple est-elle liée aux modes de vie et l'environnement ?
Alvarez S., Junca A.M., Belloc S, Cohen-Bacrie M., Cohen Bacrie P. 15, Avenue Poincaré 75116 PARIS Centre AMP Eylau Muette Laboratoire d'Eylau Unilabs Paris Neuilly.
Introduction :
L'activité de l'AMP en France, montre bien la nette augmentation des indications non "invasives", en effet les IAC représentent actuellement 49.240 cycles avec un taux de grossesse par accouchement de 10,0% versus seulement 19.720 ponctions pour FIV
et 31.055 ponctions pour l' ICSI (Chiffres ABM 2007). Ainsi, depuis 1978, les indications tubaires de l’AMP diminuent. Depuis 1990,date de l’apparition de l’ICSI, les indications masculines sont en augmentation: 68,1% des cycles d'AMP.
Quelles causes?
L' Australie (Norman, 2004) et les pays nordiques ont pris conscience des implications de l’industrialisation et des modes de vie sur la fécondité, le "LIFESTYLE and INFERTILTY".
Nous observons actuellement :
- Une augmentation des malformations urogénitales masculines à la naissance (cryptorchidies)
- Une augmentation du cancer de testicule
Ainsi, on peut affirmer que la fertilité est la résultante de l’environnement et des conditions de vie du couple avec des effets peut-être générationnels.
La fertilité d'une génération serait liée à facteurs toxiques agissant pendant la vie intra-utérine de la mère (polluants, qui se comporteraient comme des perturbateurs endocriniens sur le foetus mâle particulièrement; le tabac, l'alcool, alimentation, etc) et des
facteurs acquis à l'âge adulte liés à la qualité de vie : tabac, alcool, cannabis, antidépresseurs, poids, alimentation, profession, sport intense...Et ceci chez l'homme et chez la femme. La prise en charge en AMP actuellement est une prise en charge liée au couple.
Matériel et méthode :
Nous avons développé une enquête sur le dépistage des facteurs toxiques et la qualité de vie. Un questionnaire a été remis à chaque couple avant toute consultation AMP. Le questionnaire du couple (fiche homme et femme) a été repris par les médecins au cours de la consultation afin de participer à améliorer le dépistage.
Entre 2007 et juin 2010 un travail prospectif a été réalisé.
- 380 fiches ont été récupérées, les résultats de l’évaluation ont montré :
- Tabac : 55% femmes - 60% hommes
- Cannabis/ Tabac : 10% femmes 30% hommes
- Médicaments antichute des cheveux : 30% hommes
- Troubles du sommeil : femme 20%
- Troubles du sommeil : homme 30%
- Antidépresseurs : 30% femmes 15% hommes
- Altération de la vie sexuelle : 42% des couples*
- Alcool : 15% des couples consomment régulièrement de l'alcool.
*42 % des couples ont signalé des difficultés dans leur vie sexuelle : rapports focalisés, rapports espacés, changement de leur vie de couple, difficultés émotionnelles.
Une prise en charge personnalisée a été réalisée afin de diminuer les facteurs gonadotoxiques et améliorer leur qualité de vie.
Conclusion :
La réduction du nombre de stimulations ovariennes et des tentatives d’AMP constitue un objectif essentiel pour les couples désirant un enfant.
Le dépistage de facteurs toxiques et la qualité de vie permettraient d’optimiser la fécondité naturelle (35% de grossesses « spontanées » sont obtenues suite à la prise en charge) mais aussi une optimisation des résultats en AMP.
La prise en compte de tous ces facteurs devrait permettre de réaliser une prévention auprès des adolescents et d’avoir une action en préconception pas seulement chez la femme mais aussi chez l’homme, la prise de conscience de la société et du personnel soignant permettrait d’améliorer la fécondité naturelle. Un training médical et la prise en compte de la qualité de vie des couples consultant pour infertilité s’avère actuellement nécessaire.